Organiste jouant sur un grand orgue baroque dans une cathédrale savoyarde, tuyaux dorés, lumière colorée de vitraux

Musique sacrée et orgue dans les paroisses de Savoie — Entretien avec Marie-Laure Tessier, organiste 2026

16 min de lecture

Titulaire de l'orgue de la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry depuis dix-huit ans, Marie-Laure Tessier est l'une des grandes voix de la musique sacrée en Savoie. Organiste diplômée du conservatoire de Lyon, elle accompagne chaque dimanche les offices de la cathédrale et dirige les concerts de musique sacrée du diocèse. Elle nous a accordé un entretien sur les orgues historiques savoyards, la formation des musiciens liturgiques et l'avenir de la musique d'église dans les paroisses rurales.

Sommaire

La musique a toujours été au cœur de la liturgie catholique. Depuis le chant grégorien des moines médiévaux jusqu'aux grandes compositions de Bach, Messiaen ou Vierne, la prière musicale a accompagné chaque moment de la vie chrétienne. En Savoie, où les églises constituent un patrimoine exceptionnel, les orgues — souvent classés monuments historiques — continuent de résonner chaque dimanche sous les voûtes gothiques ou baroques. Nous avons rencontré Marie-Laure Tessier, qui consacre sa carrière à cette tradition vivante.

Un parcours entre orgue et foi

Comment êtes-vous arrivée à l'orgue et à la musique liturgique ?

Marie-Laure Tessier sourit. « C'est une longue histoire. J'ai commencé le piano à six ans dans une école de musique à Annecy. Vers douze ans, la maîtresse d'orgue de la paroisse m'a proposé de découvrir l'orgue de l'église. J'ai été immédiatement fascinée — cet instrument qui respire, qui emplit l'espace d'une manière que rien d'autre ne peut faire. À seize ans, j'avais décidé que ce serait ma voie. »

Elle a ensuite intégré le conservatoire de Grenoble, puis celui de Lyon pour y obtenir son DEM d'orgue. « La formation d'organiste est longue et exigeante. Il faut maîtriser le contrepoint, l'harmonie, l'improvisation — l'organiste de liturgie doit souvent improviser des transitions entre les pièces ou accompagner des chants à vue. C'est une technique très spécifique, différente de celle du pianiste ou du claviériste. »

Ce qui la distingue de beaucoup de ses confrères organistes de concert, c'est son ancrage profondément liturgique. « Je joue des concerts, bien sûr. Mais ma vocation première, c'est d'accompagner la prière. Quand je joue l'introduction à un répons grégorien ou que je soutiens le chant d'une assemblée de trois cents personnes pour la messe de Noël, il y a quelque chose que le concert ne peut pas donner. C'est une co-création avec les fidèles, avec le célébrant, avec le moment. »

Les orgues historiques de Savoie

Quel est l'état du parc d'orgues en Savoie ? Y a-t-il de belles découvertes à faire pour les amateurs ?

« La Savoie est une région extraordinairement riche en orgues historiques, et c'est souvent méconnu, même des Savoyards eux-mêmes. Le joyau, évidemment, c'est l'orgue de la cathédrale de Chambéry — un instrument Cavaillé-Coll de la fin du XIXe siècle, restauré dans les années 2000 par la manufacture Muhleisen. Cavaillé-Coll est le facteur d'orgues français par excellence, celui qui a construit les grands orgues de Saint-Sulpice et de Notre-Dame de Paris. Avoir un Cavaillé-Coll en Savoie, c'est un trésor de premier plan. »

Au-delà de la cathédrale, elle cite d'autres instruments remarquables. « L'orgue de la basilique de la Visitation d'Annecy est magnifique — un instrument baroque qui a été fidèlement restauré et qui convient parfaitement au répertoire de la période classique. Mais il y a aussi des surprises dans les vallées : dans les Bauges, en Tarentaise, certaines petites églises de montagne ont conservé des orgues du XIXe siècle à tuyaux métalliques qui n'ont jamais été "modernisés" et qui ont donc une authenticité sonore rare. »

Elle mentionne également les défis. « L'entretien d'un orgue coûte cher. Il faut un accord annuel, des révisions périodiques, et parfois des restaurations lourdes quand la mécanique se dégrade. Dans les paroisses rurales, trouver le financement est difficile. Beaucoup d'orgues de village sont aujourd'hui en mauvais état ou inaccessibles, faute d'organiste et de budget d'entretien. C'est une perte patrimoniale réelle. » Ces instruments constituent une part irremplaçable du patrimoine religieux de Savoie, dont la richesse dépasse les seuls édifices bâtis.

Existe-t-il des initiatives pour préserver ces orgues ruraux ?

« Oui, heureusement. L'Association pour le développement de la facture d'orgues (AFDO) travaille au recensement et à la protection des orgues historiques en France. Au niveau local, l'association Orgues en Savoie est très active : elle organise des concerts dans les petites églises, sensibilise les communes à l'entretien de leurs instruments, et fait des demandes de classement pour les orgues qui méritent d'être protégés. »

Elle souligne aussi le rôle de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes. « La Direction régionale des affaires culturelles peut subventionner jusqu'à 40 % d'une restauration d'orgue classé. Mais le dossier est complexe à monter et les délais sont longs. Les communes et les paroisses ont souvent besoin d'être accompagnées. »

Console de l'orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry, claviers et registres historiques
OrgueÉdificeÉpoque / facteurParticularité
Grand orgue Cavaillé-CollCathédrale Saint-François-de-Sales, ChambéryFin XIXe siècle, restauré par Muhleisen (années 2000)Instrument classé, joyau du parc régional
Orgue baroqueBasilique de la Visitation, AnnecyPériode baroque, fidèlement restauréAdapté au répertoire classique
Orgues de valléePetites églises des Bauges et de TarentaiseXIXe siècle, tuyaux métalliquesJamais « modernisés », authenticité sonore rare

Le répertoire de la musique sacrée

Comment choisissez-vous le répertoire pour accompagner la liturgie dominicale ?

« Le choix du répertoire liturgique est un art délicat. Il faut tenir compte du temps liturgique — Avent, Noël, Carême, Pâques, temps ordinaire — et des textes de la messe du jour. Je prépare mes pièces en lisant les lectures et le thème dominant de la messe. Si l'Évangile parle de lumière, je chercherai des pièces lumineuses, en tonalités claires. Si c'est un dimanche de Passion, la couleur sera plus sombre, plus contemplative. »

Son répertoire de prédilection couvre plusieurs siècles. « Je joue beaucoup Bach, bien sûr — ses préludes et fugues et ses chorals sont une ressource inépuisable pour la liturgie luthérienne et catholique à la fois. Mais j'aime particulièrement Olivier Messiaen, compositeur catholique du XXe siècle dont toute l'œuvre est une méditation sur la foi. Sa Nativité du Seigneur, ses Corps glorieux, son Livre du Saint-Sacrement — c'est une théologie musicale entière. »

Elle cite aussi César Franck, Louis Vierne et Maurice Duruflé. « Ces trois compositeurs français du XIXe-XXe siècle ont écrit pour l'orgue de cathédrale française avec une sensibilité harmonique très particulière. Le Requiem de Duruflé, par exemple, est l'une des œuvres les plus jouées dans le monde pour les cérémonies de funérailles catholiques. En Savoie, on demande souvent le Requiem de Duruflé pour les obsèques — il a une tendresse et une sérénité qui accompagnent magnifiquement le deuil. »

Et le chant grégorien — quelle place lui accordez-vous ?

« Le grégorien est la base de tout. C'est la langue musicale de l'Église latine, développée et affinée sur plus de mille ans. L'orgue a d'abord servi à doubler et soutenir le chant grégorien — c'est son rôle originel. Aujourd'hui, certaines paroisses savoyard ont retrouvé le goût du grégorien, notamment depuis le Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007 et le renouveau de la forme extraordinaire du rite. Mais même dans la forme ordinaire, le grégorien garde toute sa place : les répons de la messe, le Kyrie, le Sanctus peuvent être chantés en grégorien et ils élèvent l'âme d'une manière incomparable. »

Maîtrise et chorales paroissiales

Vous dirigez également la maîtrise de la cathédrale. Pouvez-vous nous en parler ?

« La maîtrise de la cathédrale de Chambéry accueille aujourd'hui une soixantaine d'enfants entre sept et seize ans. Ils chantent lors des grandes messes dominicales et des fêtes liturgiques. La formation qu'ils reçoivent est complète : solfège, technique vocale, histoire de la musique, répertoire polyphonique. C'est une école de musique dans l'église, avec en prime la dimension spirituelle et communautaire. »

Elle insiste sur les bénéfices au-delà de la musique. « Beaucoup d'enfants viennent à la maîtrise sans pratique religieuse familiale — ils sont attirés par la musique et la beauté des cérémonies. Certains demandent à être baptisés ou à recevoir la première communion après quelques années à la maîtrise. La beauté liturgique est une porte d'entrée dans la foi que l'Église n'utilise pas assez. »

Et pour les chorales de paroisses plus petites ?

« Les chorales paroissiales sont le moteur de la vie musicale dans les paroisses rurales. Dans l'Avant-Pays savoyard, plusieurs paroisses ont des chorales actives qui répètent chaque semaine. Ces groupes sont souvent multigénérationnels — des adolescents aux retraités — et ils créent un lien communautaire très fort. Chanter ensemble, c'est prier ensemble d'une manière différente. »

Elle souligne l'importance de la formation continue. « Le diocèse de Chambéry organise des journées de formation pour les animateurs de liturgie et les responsables de chorales paroissiales. Ces formations portent sur le répertoire, la direction de chœur, l'animation de l'assemblée. C'est essentiel : une chorale paroissiale ne doit pas chanter "à la place de" l'assemblée mais "avec" elle, en la portant et en l'entraînant. » Cette exigence rejoint la démarche de ceux qui souhaitent visiter une église de Savoie en comprenant ce qu'ils regardent et entendent, au-delà de la simple curiosité touristique.

L'orgue en paroisse rurale

Les petites paroisses rurales, comme celles de l'Avant-Pays savoyard, peuvent-elles avoir une vie musicale riche même sans organiste professionnel ?

« Absolument, et c'est un message que j'essaie de faire passer dans toutes mes formations. L'organiste professionnel de cathédrale est une réalité pour quelques dizaines de paroisses en France. Dans les paroisses rurales, on travaille avec ce qu'on a : un pianiste bénévole, un guitariste, une cantatrice à la retraite, un couple qui chante. L'important n'est pas le niveau professionnel mais l'intentionnalité et le soin apportés à la beauté de la célébration. »

Elle raconte une anecdote. « J'ai été invitée un jour à jouer dans une petite église de montagne, à une messe de funérailles pour un vieux paysan de la région. L'église avait un harmonium des années 1920, complètement désaccordé. Mais la veuve du défunt chantait, ses petits-enfants aussi, et l'assemblée reprenait les répons avec une ferveur qui valait tous les concerts de cathédrale. La musique liturgique n'a pas besoin d'être parfaite pour être profonde. »

Que conseilleriez-vous à une paroisse qui souhaite développer sa vie musicale ?

« Trois choses. »

  • Investir dans la formation : envoyer des paroissiens aux journées musicales du diocèse, encourager les chanteurs à prendre des cours.
  • Choisir un répertoire accessible : il vaut mieux chanter cinq chants bien que vingt chants mal.
  • Soigner le lien entre musique et liturgie : la musique doit servir la prière, pas se substituer à elle — un chant trop complexe ou trop peu connu peut créer une barrière plutôt qu'une ouverture.

Elle mentionne également les ressources numériques. « Aujourd'hui, il existe d'excellents accompagnements musicaux en ligne pour les paroisses qui n'ont pas d'instrumentiste. Les sites de l'ICTUS (Institut catholique de la musique sacrée) ou de l'Institut de Musique Liturgique proposent des ressources gratuites ou peu coûteuses. Une tablette et une enceinte de qualité peuvent transformer une messe de semaine dans une petite chapelle. » Pour les paroissiens qui souhaitent s'initier à cette tradition vocale, les ressources pour découvrir le chant grégorien constituent un excellent point d'entrée dans le répertoire liturgique.

Concerts et rayonnement patrimonial

Les concerts d'orgue dans les églises savoyardes semblent attirer un public croissant. Comment l'expliquez-vous ?

« Il y a un paradoxe intéressant : les concerts d'orgue attirent des gens qui ne mettent jamais les pieds dans une église autrement. L'instrument, l'espace, l'acoustique créent une expérience sensorielle et émotionnelle que les salles de concert ordinaires ne peuvent pas reproduire. On vient pour la musique et on repart avec autre chose — une émotion, une question, parfois une ouverture vers le sacré. »

Elle décrit les formats qui fonctionnent. « Les concerts courts, le soir en semaine, avec une présentation orale de l'instrument et du programme — vingt minutes de "visite commentée de l'orgue" avant le concert — font toujours salle comble. Les gens sont curieux. Beaucoup n'ont jamais vu l'intérieur d'une tribune d'orgue ou n'ont aucune idée de comment fonctionne cet instrument. Démystifier, rendre accessible, c'est aussi notre mission. »

Les Journées européennes du patrimoine sont un moment fort. « En septembre, nous ouvrons la tribune et la mécanique de l'orgue au public. Des centaines de personnes visitent la cathédrale ces deux jours-là. Pour les enfants, c'est souvent une révélation : entendre l'orgue de près, sentir les vibrations des tuyaux basses dans le plancher de la tribune, c'est inoubliable. »

Maîtrise de cathédrale en Savoie, enfants chanteurs en surplis blanc devant les grandes orgues, répétition en nef

L'avenir de la musique sacrée en Savoie

Quels sont les défis et les espoirs pour la musique sacrée en Savoie dans les prochaines années ?

« Le principal défi, c'est la transmission. Les vieux organistes bénévoles qui tenaient les orgues de village depuis quarante ans partent à la retraite et il n'y a pas toujours quelqu'un pour les remplacer. Former des organistes liturgiques prend du temps et de l'argent. Si nous ne nous y attelons pas sérieusement dans les dix prochaines années, des instruments vont tomber en silence définitivement. »

Elle évoque aussi les mutations du paysage paroissial. « Avec le regroupement des paroisses, les célébrations se concentrent sur moins d'églises. C'est une opportunité pour développer des équipes musicales de qualité sur quelques lieux pivots, plutôt que de disperser les ressources. La paroisse Saint-Benoît du Guiers, avec ses treize clochers, pourrait avoir une schola cantorum commune qui interviendrait dans les différentes églises selon le calendrier liturgique. »

Et les espoirs ?

« Il y a un vrai regain d'intérêt pour la beauté liturgique chez les jeunes générations. Les communautés nouvelles — Taizé, Communauté Saint-Jean, Emmanuel — attirent des jeunes qui ont une soif de beauté et de profondeur que le monde contemporain ne satisfait pas. Ces communautés investissent dans la musique liturgique avec une qualité remarquable. »

Elle mentionne également les pèlerinages comme vecteurs de la musique sacrée. « Les pèlerinages, comme ceux de La Salette ou de Lourdes auxquels participent des paroissiens de Savoie chaque année, sont des lieux où la musique liturgique est vécue avec une intensité extraordinaire. Un Magnificat chanté à genoux dans la grotte de Lourdes, ou un Salve Regina chanté sur les chemins vers La Salette, ça marque une vie. C'est là que la musique sacrée montre ce qu'elle est vraiment : une prière qui déborde les mots. »

Pour les fidèles qui souhaitent approfondir leur vie liturgique, Marie-Laure Tessier recommande de participer aux offices chantés quand ils sont disponibles, de s'initier au chant grégorien, et de soutenir les associations de musique sacrée locales. La beauté liturgique n'est pas un luxe : c'est une voie d'accès au mystère que la foi cherche à rejoindre.

Conclusion

L'entretien avec Marie-Laure Tessier révèle une réalité riche et fragile à la fois : la Savoie dispose d'un patrimoine d'orgues exceptionnel et d'une tradition de musique sacrée vivante, portée par des musiciens passionnés et des communautés engagées. Mais cette tradition demande un effort constant de transmission, de formation et de financement pour ne pas se perdre.

La musique liturgique n'est pas un ornement facultatif de la célébration catholique : selon le Concile Vatican II, elle est « partie intégrante de la liturgie solennelle ». Elle transforme la prière, elle porte l'assemblée, elle ouvre vers le mystère. En Savoie, les orgues des cathédrales et des petites églises de montagne continuent d'exprimer cette conviction profonde, à leur propre échelle et avec leurs propres couleurs.

Pour découvrir le patrimoine religieux de la région dans sa dimension architecturale, consultez nos articles sur les vitraux des églises de Savoie. Et si vous souhaitez vivre les grandes célébrations liturgiques musicales de 2027, notre calendrier des fêtes liturgiques vous guide tout au long de l'année.

Questions frequentes

Qu'est-ce qu'un orgue classé monument historique ?

Un orgue classé monument historique est un instrument dont l'intérêt patrimonial, artistique ou historique a été reconnu par l'État. Ce classement implique que toute intervention sur l'instrument (restauration, modification) doit être effectuée sous le contrôle de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). En Savoie, plusieurs orgues bénéficient de ce statut, notamment l'orgue de la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry et celui de la basilique de la Visitation d'Annecy.

Quelles paroisses savoyardes possèdent un orgue remarquable ?

La Savoie compte une trentaine d'orgues d'intérêt patrimonial. Les plus remarquables sont : la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry (grande orgue Cavaillé-Coll restauré), la basilique de la Visitation d'Annecy, l'église Saint-Pierre d'Alberville, l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Conflans, et plusieurs orgues de vallée dans les Bauges et la Tarentaise. L'Avant-Pays savoyard conserve plusieurs instruments du XIXe siècle en activité.

Comment devenir organiste de paroisse ?

Devenir organiste de paroisse nécessite une formation musicale solide, idéalement dans un conservatoire ou une école de musique agréée. Le Diplôme d'études musicales (DEM) de clavier (orgue ou piano) est la formation classique. Des cursus spécialisés existent dans les conservatoires régionaux comme celui de Chambéry ou de Grenoble. Pour les paroisses rurales, un bon niveau de piano ou de clavier numérique peut suffire pour accompagner les offices. Les diocèses proposent souvent des formations courtes pour les organistes bénévoles.

Qu'est-ce qu'une maîtrise de cathédrale ?

Une maîtrise de cathédrale est un ensemble vocal composé d'enfants (et parfois d'adultes) attaché à une cathédrale pour chanter lors des offices liturgiques. Les maîtrisiens reçoivent une formation musicale complète (solfège, technique vocale, répertoire) tout en participant à la vie liturgique de la cathédrale. La maîtrise de la cathédrale de Chambéry est l'une des plus actives du diocèse, avec une soixantaine d'enfants chantant régulièrement aux offices dominicaux.

La musique sacrée est-elle réservée aux orgues ?

Non, la musique sacrée englobe un très large spectre instrumental et vocal. L'orgue est l'instrument liturgique par excellence du rite romain (recommandé par le Concile Vatican II), mais le chant grégorien a cappella, les chorales mixtes, les ensembles de cuivres, les guitares et les instruments contemporains font partie de la vie musicale des paroisses. Certaines communautés nouvelles ont développé un répertoire de chants contemporains de grande qualité (Taizé, communauté de l'Emmanuel, etc.).

Peut-on assister à des concerts d'orgue en Savoie ?

Oui, de nombreux concerts d'orgue sont organisés en Savoie tout au long de l'année. Les cathédrales de Chambéry et d'Annecy proposent des séries de concerts estivaux. Les Journées européennes du patrimoine (septembre) sont l'occasion de concerts dans des églises ordinairement fermées. Le festival de musique sacrée de Chambéry et les animations du diocèse de Tarentaise proposent également des programmes réguliers. La plupart de ces concerts sont gratuits ou à prix libre.