Nous sommes un mardi après-midi de mars 2027 dans la salle de catéchèse attenante à l’église Saint-Béron, à Saint-Genix-les-Villages. La lumière du soleil printanier entre par les hautes fenêtres et éclaire les tables recouvertes de carnets colorés. Sœur Agnès Fontaine, 52 ans, arrive avec son éternel sourire bienveillant et son voile gris clair qui retombe simplement sur ses épaules. Depuis dix-huit ans, elle accompagne les jeunes du doyenné de l’Avant-Pays savoyard dans leur cheminement catéchétique vers les sacrements. Aujourd’hui, elle a accepté de nous recevoir pour parler de la confirmation telle qu’elle se vit en 2027. L’atmosphère est calme, presque familiale. Un petit bouquet de jonquilles trône sur la table. Au loin, on entend les enfants qui répètent un chant pour la prochaine célébration. C’est dans ce cadre simple et vivant que Sœur Agnès nous ouvre les portes de son expérience et de sa foi.

Sœur Agnès Fontaine
Religieuse, responsable catéchèse au doyenné de l’Avant-Pays savoyard depuis 18 ans.
La confirmation, un sacrement mal connu
Julien Morel : Sœur Agnès, beaucoup de familles considèrent encore la confirmation comme « le sacrement de la fin de la catéchèse ». Est-ce toujours le cas en 2027 ?
Sœur Agnès Fontaine : Non, et c’est heureux ! La confirmation est avant tout le sacrement de l’Esprit Saint qui nous donne la force d’être témoins du Christ dans le monde. Ce n’est pas une « remise de diplôme » mais un envoi en mission. Dans notre doyenné, nous insistons beaucoup sur le fait que ce sacrement s’inscrit dans la suite du baptême. Il achève l’initiation chrétienne et nous rend participants à la mission de l’Église. Les jeunes le comprennent mieux quand nous leur montrons des exemples concrets de chrétiens engagés dans leur vie quotidienne.
Julien Morel : Comment expliquez-vous ce sacrement aux parents qui n’ont pas eux-mêmes été confirmés ?
Sœur Agnès Fontaine : Je leur dis souvent que la confirmation, c’est comme recevoir le « permis de conduire » de l’Esprit Saint. On ne reste pas sur le parking ! On est envoyé sur les routes de la vie. Je leur propose aussi de lire notre guide complet des sept sacrements catholiques disponible sur le site de la paroisse. Cela les aide à redécouvrir le sens profond de ce geste que le Christ lui-même a voulu pour ses disciples.
À quel âge et comment se préparer en 2027 ?
Julien Morel : À quel âge proposez-vous la confirmation en 2027 dans le doyenné ?
Sœur Agnès Fontaine : Nous proposons la confirmation à partir de la 4e, soit vers 13-14 ans. Ce choix permet aux jeunes d’avoir une certaine maturité tout en restant dans un parcours scolaire cohérent. Certains diocèses ont fait d’autres choix, mais en Savoie, nous estimons que cet âge favorise une vraie décision personnelle tout en maintenant un lien fort avec la communauté paroissiale.
Julien Morel : Concrètement, comment se déroule la préparation cette année ?
Sœur Agnès Fontaine : La préparation s’étale sur deux ans. Elle alterne des rencontres en petits groupes, des temps de prière, des projets de service et deux week-ends de retraite. Nous utilisons aussi des outils numériques pour prolonger les échanges entre les rencontres. Chaque jeune est accompagné par un parrain ou une marraine choisi dans la communauté. Vous trouverez tous les détails du parcours sur la page dédiée au catéchisme pour les enfants.

Le jour de la confirmation : ce qui se passe vraiment
Julien Morel : Que se passe-t-il concrètement pendant la célébration ?
Sœur Agnès Fontaine : L’évêque ou son délégué impose les mains sur chaque confirmand et trace le signe de la croix sur son front avec le saint chrême. Ce geste très ancien signifie que l’Esprit Saint vient « marquer » le jeune du sceau du Christ. Ensuite, le jeune répond « Amen » et reçoit le baiser de paix. C’est un moment très émouvant, à la fois solennel et intime.
Julien Morel : Les jeunes choisissent-ils toujours un saint patron ?
Sœur Agnès Fontaine : Oui, et nous les encourageons à choisir un saint ou une sainte qui leur parle vraiment. Ce n’est pas seulement un nom à retenir, mais un compagnon de route. Beaucoup de jeunes découvrent ainsi leur saint patron en lisant sa vie et en priant avec lui pendant la préparation.
Idées reçues sur la confirmation
- Vrai ou faux ? « La confirmation n’est pas obligatoire. » Vrai. C’est un sacrement librement choisi, même s’il est fortement recommandé pour ceux qui veulent vivre pleinement leur foi. La confirmation s’inscrit dans la suite logique du baptême catholique, premier sacrement de l’initiation chrétienne.
- Vrai ou faux ? « On ne peut plus recevoir les sacrements après la confirmation. » Faux. La confirmation ouvre au contraire à une vie sacramentelle plus riche, notamment l’Eucharistie et, plus tard, le mariage ou l’ordination.
- Vrai ou faux ? « Il faut connaître tout le catéchisme par cœur. » Faux. Ce qui compte, c’est la rencontre personnelle avec le Christ et la volonté de le suivre.
- Vrai ou faux ? « La confirmation marque la fin de la catéchèse. » Faux. Elle marque plutôt le début d’une vie chrétienne adulte et d’un engagement dans la communauté.
- Vrai ou faux ? « Les parents n’ont plus de rôle après la confirmation. » Faux. Les parents restent les premiers témoins et soutiens de la foi de leurs enfants.
Comment soutenir son enfant après la confirmation ?
Julien Morel : Que conseillez-vous aux parents une fois la confirmation passée ?
Sœur Agnès Fontaine : Je leur suggère de continuer à prier ensemble, même brièvement, et de participer régulièrement à la messe dominicale. Il est aussi précieux d’encourager le jeune à s’engager dans un service paroissial : catéchisme, chorale, ou aide aux plus fragiles. L’accompagnement spirituel des jeunes en parcours de foi reste important ; certains trouvent un grand soutien dans un accompagnement proposé par un prêtre ou une religieuse.
Julien Morel : Existe-t-il des propositions après la confirmation dans le doyenné ?
Sœur Agnès Fontaine : Oui, nous proposons des groupes de jeunes confirmés qui se retrouvent une fois par mois pour approfondir leur foi, partager et s’engager ensemble. C’est un temps très attendu par les jeunes qui ne veulent pas « tout arrêter » après la confirmation.

Les 3 conseils de Sœur Agnès
- Prenez le temps de la prière personnelle. La confirmation n’est pas une fin, mais un nouveau départ. Invitez votre enfant à réserver chaque jour cinq minutes pour parler simplement au Seigneur, avec ses joies et ses questions.
- Choisissez un engagement concret. Que ce soit dans la paroisse ou dans une association caritative, un service régulier aide le jeune à vivre concrètement ce qu’il a reçu dans la confirmation.
- Restez en lien avec la communauté. La foi se vit à plusieurs. Encouragez votre enfant à participer aux propositions paroissiales et à rencontrer d’autres jeunes qui partagent le même chemin.
La confirmation dans notre paroisse Saint-Benoît du Guiers
Julien Morel : Comment se vit la confirmation cette année à Saint-Benoît du Guiers ?
Sœur Agnès Fontaine : Nous aurons une belle célébration le 6 juin 2027 avec Mgr l’évêque. Douze jeunes sont actuellement en préparation. Nous les accompagnons avec joie et espérance. Les familles sont invitées à participer activement aux temps forts. Si vous souhaitez en savoir plus sur la préparation aux sacrements dès le baptême, n’hésitez pas à nous contacter.
Pour approfondir, vous pouvez consulter notre guide complet sur le sacrement de confirmation, les 7 sacrements catholiques ou le parcours de catéchèse pour les enfants. Des ressources complémentaires sont également disponibles sur l’accompagnement spirituel des jeunes en parcours de foi et sur le site des paroisses du diocèse de Lyon. Pour les jeunes qui s’interrogent sur les parcours initiatiques dans les autres traditions chrétiennes, le parcours de confirmation dans la tradition orthodoxe témoigne du cheminement propre à l’Église orthodoxe en France.
